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Non, le TDAH n’est pas une invention récente

Non, le TDAH n’est pas une invention récente

Non, le TDAH n’est pas une invention récente

Régulièrement des articles polémiques sont encore publiés niant la réalité du TDAH, « invention moderne » selon certains pourfendeurs du complot des « labos américains ». Et pourtant l’histoire des enfants touche-à-tout, turbulents, agités, instables, hyperactifs est bien ancienne, c’est ce que rappelle le livre du Dr Éric Konofal, Histoire illustrée de l’hyperactivité – Le TDAH et ses traitements au fil du temps, paru le 23 septembre 2017.

C’est le premier livre entièrement consacré à l’histoire de la découverte du trouble déficit de l’attention / hyperactivité. Aucun ouvrage n’avait détaillé un tel nombre de références (près de 500) littéraires, philosophiques, médicales, neuro-psychologiques et thérapeutiques concernant l’attention, l’hyperactivité et le TDAH. C’est également un livre richement illustré de plus de 400 documents dont 3 en fac-similés.

Une très longue histoire littéraire et médicale

La description de l’enfant hyperactif, touche-à-tout, agité, instable, est aussi vieille que la littérature enfantine, elle est le sujet d’innombrables ouvrages, souvent illustrés, et c’est un thème récurrent de l’imagerie d’Épinal.

De nombreux cas cliniques d’enfants « agités » ou « inattentifs » sont également retrouvés dans la littérature médicale à l’aube de la psychiatrie au début du XIXe siècle. Avec l’évolution de la psychiatrie, les différents troubles de l’enfant seront classifiés et, assez vite, une différence est constatée entre les enfants souffrants d’un déficit intellectuel permanent et les « instables » dont le comportement parfois très imprudent ne fait pas justice à leurs capacités intellectuelles.

Au cours du XXe siècle l’abord psychologique sera privilégié en France, alors que dans les pays anglo-saxons, l’association avec des troubles des apprentissages et de petites anomalies neurologiques fait privilégier une approche organique.

Avec le développement de la psychologie expérimentale à la fin du XIXe siècle, c’est l’étude des mécanismes de l’attention, faculté indispensable à la performance intellectuelle, qui prend son envol. Même si la relation entre attention et contrôle moteur est décrite depuis très longtemps, il n’y a « que » depuis 40 ans que le trouble de l’attention est apparu comme l’élément central du trouble dont l’hyperactivité n’est qu’une conséquence inconstante.

Les troubles du sommeil observés chez les enfants présentant un TDAH sont maintenant considérés comme une piste de recherche importante pour en comprendre le mécanisme intime. La persistance assez fréquente du trouble à l’âge adulte et ses conséquences sur la vie sociale personnelle est également une prise de conscience récente.

Des traitements très anciens

Dès le XIXe siècle de nombreux traitements ont été recommandés chez ces enfants instables, agités, sans attention ni concentration. Bien des formes de traitements ont été essayées, mais dès cette époque les stimulants sont recommandés en particulier les vins toniques à base de quinquina ou de cola.

Les neuro-stimulants utilisés de nos jours font partie des plus veilles molécules de la pharmacopée. Leur première utilisation dans cette indication remonte à près de 80 ans (avant les antibiotiques et les corticoïdes). Le méthylphénidate, molécule encore la plus souvent prescrite, a été commercialisé il y a presque 60 ans en France. Le recul sur l’utilisation de ces traitements est donc de plus de deux générations. La vraie nouveauté en France, c’est que l’Education nationale commence officiellement à se préoccuper de ce trouble, qui impacte sérieusement la réussite scolaire, depuis l’année dernière seulement.